mardi 19 mai 2009

Les nuits entrecoupées...

Bébé est née le 7 mai, à 3h25 du matin. Déjà, elle s'appropriait mes nuits!

Ça été une arrivée surprise. 2e décollement placentaire vers 2h de l'après-midi, petit tour en ambulance, accouchement provoqué en soirée. Voilà notre chérie qui a pointé son nez quelques 6 semaines avant la date prévue. Un bébé prématuré qui ressemblait à un bébé à terme étant donné mon diabète de grossesse détecté trop tard. 3,38 kg et 52,5 cm. Un bébé tout joufflu avec de beaux cheveux.

Mais aussi un bébé dont les poumons faisaient des siennes pour se mettre en marche. Transfert d'hôpital à peine 9 heures après sa naissance. Son premier voyage en ambulance (alors que mon premier était quelques 22h plus tôt). Dans les services néonataux du second hôpital, ils pourront aider ses petits poumons. Le stress qui commence pour nous. J'ai tenu mon bébé à peine 1 minute dans mes bras. Je l'ai vu se faire transférer d'un incubateur à l'autre, avec tous les débranchements et rebranchements que ça impliquait. Je l'ai entendu crier sa petite douleur et détresse. Nos premières larmes de parents, le coeur en boule.

J'ai reçu mon congé d'hôpital aussitôt, pour pouvoir suivre notre fille. J'avais à peine dormi 3h. Dans le second hôpital, il n'y a pas de chambre de courtoisie pour les parents. La semaine qui a suivi n'est qu'une répétition d'aller-retour entre la maison et la couveuse; quelques 40 minutes d'autobus ou 18$ de taxi. Mes nuits sont interrompues par des sanglots que je ne peux contrôler. Savoir son bébé loin de soi et fragile. Réentendre sans arrêt les bip des appareils qui vérifie la vie de tous ces bébés prématurés. La lumière forte, l'environnement aseptisé, la danse incessante des infirmières. Beaucoup d'inquiétude.

Vendredi le 15 mai, nous libérons notre chérie de cet environnement. Notre première nuit avec elle, dans son couffin, entre nous deux. Une nuit à écouter pour être certaine qu'elle respire bien. Une nuit à observer pour détecter les signes de la faim. Une nuit à admirer ce petit être. Une nuit sans sommeil.

Depuis, on s'habitue les uns aux autres. On se met au diapason. On ajuste notre rythme. On réalise que nous sommes trois.

Aucun commentaire: